Muse.

Muse.
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- Regarde !
- Quoi ?
- Tu ne remarque rien ?
- Non, rien de spécial.
- Nan, sérieusement ?! Rien de particulier ?
Surprise. Il y a de la surprise dans ses yeux à elle. Et dans les siens aussi, à lui. De la surprise. Deux univers qui se rencontrent et s'entrechoquent. Le petit rien, Beauté ; et le tout, Banal.
- Bah non, qu'est que je devrais voir ?
- Elle.
Et là elle se tourne sur son siège et la désigna d'un petit geste de tête. Elle. Jeune fille accoudée au bar, jambes croisées et regard perdu. Vert le regard et fines, immenses les jambes. Elle fumait.
- Elle a une élégance folle.
- ...
- Regarde-la. Elle est assise et elle fume. Rien d'autre. Et pourtant c'est d'une beauté, d'une grâce incroyable. Tu la regardes un instant et ça te frappe, ça te tue. Oui. Ca tue quelque chose à l'intérieur de toi. Tu voudrais la regarder indéfiniment. Je ne sais pas ce que ça bousille mais ce qui est sûr c'est qu'au fond de toi, il y a quelque chose qui est mort, je ne sais pas quoi. L'envie de partir peut-être... Regarde-la. Le petit geste – précis et élégant, le petit geste qu'elle effectue pour faire tomber sa cendre dans le cendrier. Jamais tu ne trouveras ce geste là chez quelqu'un d'autre. C'est elle, rien que ce putain de geste c'est elle.
- Merde Idgie, mais qu'est ce que tu me raconte ?
- Je t'ouvre les yeux, c'est tout.
- Tu m'ouvre rien du tout bordel.
- Si justement. Je te montre la beauté là où tu ne sais pas la voir, là où tu ne sais plus. Si t'es même pas foutu capable de comprendre que cette fille est divine...
- Calme-toi.
- ... 'ment ça me rend dingue. Comment tu peux voir ça sans te sentir mourir puis renaître hein ? T'as pas de c½ur ? Ca doit être ça...
- Idgie, calme-toi, c'est pas si...
- ... pas d'autres explications possibles...
- ... important que ça !
- Pas si important ? Nolan, mais qu'est ce qui a de l'importance alors ?
- ...
- Si cette foutue fille n'en a pas je vois vraiment pas ce qui peut être important...
- ...
- Tu le sais toi ?
- Non. J'en sais fichtre rien.



Le 21.03.08
Photo: Szau

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# Posté le vendredi 21 mars 2008 05:43

Da Silva.

Da Silva.
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"La littérature est une éxagération, une dramatisation, et ceux qui s'en nourissent (comme moi) courent le grand danger d'essayer de suivre un rythme impossible. D'essayer de vivre tous les jours des scènes à la Dostoïevski. Et il y a entre écrivains une recherche forcenée de l'extravagance." écrivait Anaïs Nin. C'est vrai comme il est fou de constater à quel point je cherche à faire de ma vie une histoire palpitante. J'accentue la souffrance car à mes yeux il y a tant de beauté dans le tragique. Oui, je tente de sublimer le quotidien en ajoutant de la poèsie à ma vie. Ma tête est emplie de symboles et certains de mes actes se chargent alors pour moi d'une importance toute particulière. Mes nuits d'ivresse me font héroïne, chaque rencontre devient péripétie et lorsque je contemple les gens autour de moi, cette scène se raconte en moi. Et ce livre que je me créer dans ma tête, ce livre que j'oublie au fur et à mesure me passionne au plus haut point. Ainsi j'attends sans arrêt l'instant, la page suivante de mon aventure intime.

Le 05.03.08
Photo de Damien,
parce qu'elle est sublime et que je ne peux même pas le lui dire par commentaire.


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# Posté le mercredi 05 mars 2008 13:23

Noir Désir.

Noir Désir.
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L'ultime vérité:
"Le bonheur n'est réel que partagé".

Into the Wild.



Le 15.01.08


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# Posté le mardi 15 janvier 2008 07:01

Modifié le vendredi 08 août 2008 06:12

Romeo and Juliette soundtrack.

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"Comment cela s'appelle-t'il, quand le jour se lève, comme aujourd'hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l'air pourtant se respire, et qu'on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s'entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève? [...] Cela s'appelle l'aurore."

Electre de Giraudoux.


Le 13.01.08


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# Posté le dimanche 13 janvier 2008 06:22

Modifié le jeudi 17 janvier 2008 03:40

Des armes.

Des armes.
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Chronique du temps qui se perd.

J'ai longtemps perdu mes yeux dans la contemplation du bel automne, de l'automne mort. C'était une souffrance douce et rassurante en laquelle on se complait sans complaintes. C'était hautement tragique: du désir à museler et une nostalgie à enchaîner. C'était l'été, le printemps, l'hiver et pourtant mon coeur ne tendait que vers l'automne, ses feuilles rougies par la saison, ses nuits tièdes et ce cadavre de bois. Je revoyais le soleil sur la voie ferrée, inlassablement, et nos escapades nocturnes, et cet amour de plein air auquel j'ai rajouté tant d'étoiles. Nous étions soumis au froid mordant et mon corps grelottait. Quant au tient j'ai oublié, pardonne-moi. Moi qui pourtant aime à penser que jamais de toi je ne pourrais rien oublier... Le vent soufflait dans la nuit noire, doux murmure berçant le amants. Le vent soufflait, entraînant les branches, danse lancinante guidant les mains avides et vagabondes. Il faisait froid et toujours quand j'y repense c'était l'été, l'été et ses soirs de plage, ces soirs parfumés de stupre où l'Idéal volait au vent.
Longtemps j'ai vécu par sublimation du quotidien. Le rendre plus beau et en faire une chimère de fumée. Souvenir victime du brasier, mon pauvre coeur incendié, au bord de la noyade pourtant il était. Toutes les morts terribles m'auraient convenu. Il fallait une fin déchirante à ma tragédie intime. La vérité, c'est que j'aurais voulu les coups, les larmes et les cris. Je n'ai eut le droits qu'aux supplication retenues et les pleurs honteux. Mes nuits prirent un goût de sel et je m'habillais de solitude, de celle qui étreint et vous figure le deuil. Le blues indélébile, seconde peau que l'on s'arrache par les mots et qu revient toujours, laissant au corps cette plaie éternelle, celle des regrets. J'ai eu cette fièvre là. Je me voyais alors poète maudit, incomprise et incompréhensible au monde. Et je me voulais Ailleurs, désirée mais inaccessible au commun des mortels. Je n'aspirais plus qu'à l'exceptionnel, la banalité m'affligeait et le poids en était trop lourd à traîner.
L'océan-mer, celui qui effraie et rassure, la limite infranchissable, insondable que seuls comprennent les emprunts d'Idéal, les boiteux de la vie, les coeurs cabossé empli de souffrance qu'il faudrait alors aimer. Je n'aspirais qu'à cela, cet océan-mer salvateur. Et garçon-mer. Des mots qui hurlaient en silence, s'appropriait mon esprit torturé. Garçon-mer. Pour être sauvée et me sentir appartenir. Et en moi cela attendait, tout attendait. Je deviens silencieuse et hostile au monde, étrangère à moi-même, une naufragée sans histoires à raconter. La sienne? Longtemps qu'elle l'avait oubliée, qu'elle s'était oubliée l'autre-moi. L'inconnue des sombres rivages, qui cherchait quelques grains de sables sous le pavé et se voulait avec plus de richesse au coeur que sous un matelas. L'exilée, revenant de ces lieux où l'on ne va pas, où l'on ne va plus. "Le plus beau voyage, c'est l'esprit", un vagabond le lui avait dit. Dieu qu'elle a pleuré et Dieu qu'elle s'est sentie vivre perdue dans cet autre monde, cet Univers de pensées. Lorsque l'on recherche la solitude physique, palpable autant que l'est le néant... Mais le corps se mourrait, se tournait des nuits entières sans trouver le repos, se nourrissait au dégoût et goûtait sans joie. L'esprit s'élève d'autant plus lorsque le corps s'écorche et s'accroche. La souffrance est tellement rassurante, elle n'arrive qu'au vivant. Et c'est ce que l'on cherche à tout prix: vivre, plus vite, plus grand et plus vrai. Mais la souffrance est là, concrète et belle. Et quant à celle du coeur, on a tôt fait de se laisser apprivoiser et de l'adopter. C'est elle le Sublime. C'est à son nom que sont dédiées les révoltes les plus belles, que l'on recherche l'Idéal le plus pur, c'est à son que les amants perdus s'auréolent de leur plus belle mort, que l'on s'oublie et s'exile de soi. Alors l'âme est pure et légère, mais soumise aux vents impétueux. Le mien venait du Nord et me glaçait. J'ai cru me réchauffer un instant mais les bras étaient sans saveur et les étreintes vides de sens. Ce n'était que mon corps que j'offrais alors sans résistance aucune, que je souillais. Ce serait mon châtiment. J'abandonnais alors toutes mes camisoles d'espérances et entamais un voyage sue le Léthé, ses rives vierges et ses chemins inconnus qui, je l'espérais, ne seraient ceux du retour. J'attendais encore et toujours, je finis même par oublier quoi. Mais après tout, quelle attente plus belle que l'attente vaine et désintéressée de tout ? Offrir sa vie au temps qui passe alors que tous cherchent à le retenir... Je voulu percer les mystères et me voyais déjà détentrice de vérités ultimes, ignorées des autres, de ces autres, masse compacte et informe. Ces autres, ceux auxquels je n'appartenais pas. Et c'est bien là le drame : ne pas se sentir appartenir, à rien, à personne. En ce cas, comment ne pas dire « j'appartiens à qui voudra de moi » ? Quête désespérée, besoin vital, viscéral de se rattacher à quelqu'un, quelque chose, une idée. Juste de quoi ne pas ombrer. Et pourtant rejeter les mains, chercher la solitude, ignorer les chemins de traverse que l'on prend de travers. Mes paradoxes m'offraient la possibilité de me vêtir dignement d'orgueil, moi qui rêvais de grandiloquence.
J'ai pris la tangente, c'est vrai, pourtant je n'ai jamais su que tourner en rond, mes déroutes n'avaient rien d'une ligne d'horizon ou d'une route direction Ailleurs. Elles étaient cercle, et vicieux même. Retour à la case départ, se sentir plus démunie que jamais. Parfois croiser un rien de ce 26 Octobre et encore se sentir mourir de l'intérieur. Tout ce temps qui passe et à peine une vague qui se rabat sur le désir. Ne plus désirer que l'oubli. Trop de douleur, ne même plus réussir à la vomir, la cracher sur le papier, au vent, aux visages. Le désespoir anodin est le plus tenace. « Quand on a tout perdu, il n'est pas rare de se perdre soi-même. » A quand la fin de cette partie de cache cache ? Il faut bien qu'il y ait une heure où tombe les masques, dernier acte où l'on tente un semblant de vérité avant la tombée du rideau rouge. Non, décidemment, pire qu'à l'Actor's studio : je ne suis plus dans la peau de mon personnage, je suis mon personnage. Impossible de m'en dépêtrer. Paraîtrais que les doutes et les erreurs nous façonnent, je dois être bien cabossée... Et pourtant, un soir ou peut-être une nuit, l'espoir m'est tombé au coin du c½ur. Espoir de lendemains à deux, espoir qui réchauffe mes nuits et illumine mes jours, espoir porteur de nouvelles envies. Et le temps pris un cours différent, lui qui jusque là c'était toujours traîné, étirant ses années de tout son long, me faisant miroiter à des matins qui ne viennent jamais ; le voilà qui file, coule, comme de l'eau, du sable sec entre les doigts. Je ne peux le retenir, moi qui voudrais tellement saisir le rien, l'anodin et l'ériger en éternité. « Que s'arrête le temps, que continue l'instant... » A jamais. Une vie ne suffirait pas pour l'aimer, pour aimer tout ce qu'il y a à aimer...


Le 02.01.08


Je voulais dire à ces quelques personnes que j'ai pu laisser en chemin (Dragi, Golmote en particulier) que je les aime de tout mon coeur. Je crois que j'avais besoin de cette souffrance là, d'être celle qui part, aussi étrange que cela puisse être...

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# Posté le mercredi 02 janvier 2008 11:56

Modifié le jeudi 17 avril 2008 07:21