Les névroses nocturnes.
Un cri dans la nuit. Les étoiles ternissent à l'horizon, l'astre de feu s'élève et de nouveau le brasier. Incendie du temps qui passe, au petit matin les amours trépassent et les draps se froissent. Je me perds dans mon phrasé, à tenter d'être en phase avec ton souvenir qui encore et toujours m'enlace. Toujours ta peau et ton odeur et toi, toi, ton prénom qui me colle à la peau, toi, que je me trimballe tel une ombre, une malédiction. J'ai dans le creux du corps ce cancer au coeur, pernicieuse tumeur répétant inlassablement « la vie est ailleurs ». Je revois l'heure de tes adieux résonnant de paroles désolées. L'âme esseulée, j'optais pour l'errance et m'empêtrais dans une camisole d'espérances. Me revenaient en mémoire ces vieux amours rances, lendemains à deux avortés. Alors le coeur en marée basse et le désespoir tenace, on tente de s'oublier en cadence. On recherche la transe contre ces corps inconnus, s'offrir sans résistance. Rien qu'une danse... Une quelconque démence qui pousse à se perdre dans l'absence, se mimer la vérité autre. A qui la faute? Il n'y a pas de vérités, juste l'âme en dormeur du Val, écoutant pleurer le Léthé. Je ferme les yeux sur mon dernier été pour laisser place à l'hiver, fait divers. Hier encore c'était la mer - en moi. A deux, toujours plus facile de tout envoyer promener, de ses pairs à dieux le père. Mais dans la solitude sonne la fin de la guerre. Affalée sur l'asphalte, mon corps, ma tête font une halte. Toxicomanie des réminiscences, schizophrénie. Comment s'y retrouver dans ce délire psychotique? Analyser les symptômes, laisser passer les hématomes. Cesse de te retourner sur le passé, tu n'y trouveras que des fantômes. Ecchymoses sans équivoque, on a été confronté à trop de chocs. Pas de psychose, juste le coeur cabossé et le corps éclaboussé de larmes. Et le vague à l'âme arpenter le macadam, exhiber ma peau diaphane espérant qu'un prophète la profane. Je suis la nitouche pas si sainte que cela, celle qui au premier mot, au premier geste se couche. Trop peur de rester sur la touche alors à celui qui en voudra bien, offrir ma bouche. Une seule quête: se sentir appartenir, pouvoir se faire retenir sans même avoir songé partir. Tout ça, comment le dire sans rien ternir? A quoi tout cela tient, on se le demande. Ce n'est que l'éternité que l'on quémande, nos vies qu'on donnerait en offrande.
Le 23.08.07
Photo de Szau
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