Beautiful Scar.

Beautiful Scar.
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Comment faire pour que vieillir ce ne soit mourir? Comment dire sans ternir? A quoi tout cela tient, on se le demande. Ce n'est que l'éternité que l'on quémande, nos vies qu'on donnerait en offrande. Moi qui n'appartient à rien, à personne, voudrais-t'on de moi? Perdue dans sa tour babel, dans sa citadelle imprenable entend-elle encore chanter les rues de Babylon? Je suis le troubadour des faubourgs. Fenêtre sur cour: je suis le fantôme en quête d'un regard, d'un geste de la belle. Je ne suis que le quémandeur d'amour, aux mots fièrement portés en étendard, me prend pour Cupidon et vise le coeur. La nuit s'éternise sous les fenêtres de la môme, j'aurais voulu lui chanter les étoiles mais ma sérénade lui fous la gerbe. A quoi bon, les colporteur de mots d'amour, elle les dénigre. Ca l'étouffe, elle, la nitouche pas si sainte que cela. Loin d'être éperdue elle demande la fin carnage, voudrait que je prenne le large. J'ai le vague à l'âme et arpente le macadam en attendant l'ivresse. Donner l'illusion d'un soir de liesse à mon sourire qui, lorsque je pense à elle n'est que rictus d'amertume en plein faciès. Je ne suis que le pauvre héro d'une histoire sans histoires. En quête d'héroïne, mon coeur saigne et désormais la pluie s'abat sur mes chansons de miel. Je flanche comme la tour de Pise, faudrait que je me casse de cette putain d'Italie. Dire que ses yeux étaient à eux seuls détenteurs de mille voyages... A rester là, accoudé au zinc je deviens épave. Pourtant j'ai mille conquètes a faire, il me faut braver ces mirages de nouveaux rivages. Aors je ramballe mon attirail, range la marchandise et prend les voiles. Marin perdu sans ports ni belles histoires, ici je n'ai aucune attaches. Larguons les donc ces putains d'amarres. Et prendre la mer. Cesser de ressasser les cadavres de ces amours amers. Un homme à la mer! Assoiffé d'immensité y'a plus qu' y aller. Derrière moi, la plage abandonnée, celle de mes 20 ans, que j'allais chercher jusque sous les pavés. Tout cela est vieux à présent... Le temps court mais ne m'atte(i)ndra pas. J'ai quitté le monde. Assis je regarde la vie défiler, bercé par la houle, je me vois parmi la foule qui me frôle et m'ignore. Je me perds en elle et lui appartient. Je ne suis plus que cela. La beauté du monde qui s'ignore et pourtant est. Je ne suis que cela, l'existence lacive et lancinante, le temps des regrets et des espoirs - vers lesquels nos mains avides convergent - à jamais inaccessibles. Sans fin ni faim j'attends demain, je l'espère rêve, peu importe qu'il soit trève, l'illusion sera brève ou ne sera pas.


Le 03.07.07
Photo de Peter Lindbergh.

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# Posté le mardi 03 juillet 2007 14:01

Modifié le mercredi 21 novembre 2007 13:12

En fait,

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"Je n'avais rien à offrir à personne que ma propre confusion."

Comme l'écrivit Kerouac.




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# Posté le dimanche 24 juin 2007 06:13

Modifié le mercredi 21 novembre 2007 13:12

[ 129 ] Bob Dylan.

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Je me fais absente. Parce que souvent je me sens trop loin du monde, de moi.
Plus tard peut-être. Hier non plus. Et quant à demain, qui saura?
La vérité c'est que j'ai oublié mes histoires. Des bribes me sautent aux yeux parfois. Je m'égare en relisant mes mots d'autrefois. Il y a quelque chose de différent et je n'arrive pas à saisir ce qui a changé. Comme si j'étais déjà partie depuis longtemps. Sans même m'en appercevoir...


Le 26.05.07


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# Posté le samedi 26 mai 2007 05:03

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 06:38

[ 126 ] Mano Solo.

[ 126 ] Mano Solo.
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A toi.

Il y a tant de mots qu'on voudrait beaux et forts, qu'on sait si bien taire à défaut de parvenir à les écrire. Alors ici sera comme un grand brouillon de tout ce que je voudrais savoir te dire. Toutes ces exactitudes, cette foule de détails qui, sortis de leur temps ne sont plus que broutilles, broutilles chères à mon coeur, coeur qui va un peu cahin cahan mais va et c'est déjà ça...
Je voudrais réussir à te dire dans toute la beauté que cela comporte - car oui, il y a de la beauté en cela parfois - comme je me cherche et m'égare. Ces détours et déroutes me plaisent dans le sens où je me sens exister un brin, qu'elles m'appartiennent à moi et moi seule, elles me sont propre toutes ces errances qui vont de nuits en nuits, de journées en journées. Quand pour succéder à la solitude il y a le doute, le doute d'un jour parvenir à ce que l'on est...
Je voudrais réussir à t'écrire ce qui compte. Bien souvent je ne le sais pas moi même. Je m'en apperçoit plus tard, bien plus tard et il m'arrive de poser mes yeux morts sur le souvenir de ce qui autrefois était, qui a filé depuis, qui me manque pour demain, sans savoir de quoi ce jour là sera fait, de ce que seront mes besoins et mes espoirs...
Souvent je m'arrête, je me cherche en moi, comme si j'avais pu m'abandonner là, abdiquer et m'enfuir. Parfois je me vois en étrangère. Je me sens seule et je voudrais que quelqu'un m'aide à partager ma vie. Et puis je me résigne, tente de noyer mes désirs dérisoirs. Je lutte entre trois, quatre envies, mes illusions me faisant miroiter à d'hypothétiques lendemains. Je gesticule en tout sens afin de m'emparer de l'un d'entre eux et me retrouve là échouée, fatiguée et les mains vides. A me relire j'ai bien souvent l'impression de n'être que la geignarde des océans sans ports ni belles histoires, de n'être que celle qui réclame, réclame sans fin et sans faim d'ailleurs. Je voudrais vivre mais m'en empêche, parfois il me semble. Est ce que tout ceci n'est pas une de ces histoires que je me raconte afin de me donner une quelconque importance? Je me sens tellement insignifiante aux yeux de tous, je cherche à me créer ne serait-ce qu'une petite importance, espérant moi même n'y voir que du feu. Mais je m'éloigne, j'en viens à me demander qui je suis.
Tu sais, parfois je me lasse de cette mélancolie de brocante, de ces nuits ternes et durant lesquelles je me raconte celles qui pourraient être: celles ornées de bras aimants, d'alcool trop fort ou bien même d'étoiles pour ciel de lit. Alors je regarde le monde et là, parfois, une jolie petite vérité me saute aux yeux. Une phrase lue au hasard, une chanson et un doux soleil tirant sa révérence, un parfum d'été se faufilant dans les rues dallées... Un rien et je songe comme le repos est bon, je crois en avoir fini avec mes vieux démons tant ces petites vérités éphémères me semblent fortes, éternité. Un instant je crois que tout s'appaise. Cela n'est rien qu'une douceur paisaible, ennivrante et réchauffant le coeur et le corps, mais comme chaque ivresse elle s'estompe, nous plantant là dans le souvenir encore si frais de cette paix de l'instant d'avant...
Parfois je voudrais que l'on plonge ses yeux dans les miens, comme une détresse, il me semble qu'alors seulement on pourrait lire en moi tout ce que j'ignore ou ne sais dire.

Je t'écris et je t'aime, ces mots sont pour toi et le sont face aux yeux de tous. Je voudrais hurler tout ce que j'ai en moi face au vent et t'atteindre ainsi. Ne sens tu rien venir? Je voudrais chanter cette chanson un jour avec toi. Tu me manques.


Le 06.05.07


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# Posté le dimanche 06 mai 2007 11:08

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 04:15

[ 125 ] Carla Bruni.

[ 125 ] Carla Bruni.
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Il est des mots, des airs doux comme le vents. Des pensées qui s'envolent doucement, tout doucement et c'est dans l'air du temps. Se promettre l'oubli en ce gris matin velouté. Se promettre l'oubli. Car rien ne sera plus comme avant et c'est cette différence qui m'ouvrira à demain. Il m'en aura fallu du temps pour l'apercevoir cette vérité là, pour accepter de regarder le ciel sans me rappeler à ces vieux soirs, pour savoir me souvenir sans me noyer. Ce goût pour les grandes illusions qu'il me faut fuir. Fuir et enfin pouvoir, pas à pas, penser à mes étoiles... Comme il est doux que tout s'appaise rien qu'un instant...


Le 04.05.07
Photo: Moumine.

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# Posté le vendredi 04 mai 2007 05:07

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 04:16