[ 117 ] Baby Shambles.

[ 117 ] Baby Shambles.
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Cet endroit n'est qu'un foutoir à pensées. Un asile pour maux égarés. Une déchirure colmatée a force d'histoires, de chansons où la voix souffre et les notes s'égrennent dans l'espace temps. Ce putain de temps qui nous rattrapera toujours, ce putain de temps qu'il est idiot de vouloir semer, qui est omniprésent, omniscient, omnipotent. J'ai longtemps voulu partager mon humanité. Ces mots, ces rêves, ces angoisses... J'ai longtemps voulu mais tout n'est qu'autocensure. Nos vies. Un grand théâtre où acteurs en tout genre se croisent, échangent quelques paroles, se mentent, s'aiment, se déchirent. Mais au fond tout reste dans l'instant. De ce qu'on veut montrer, offrir de cet instant. Nos quotidiens, parfois nos futurs se frôlent sans jamais se mêler vraiment. J'aurais voulu pourtant. Que les passés se racontent, que les espoirs se dévoilent, que les lendemains se laissent entrapercevoir... Seulement ainsi va le monde. C'est un enfermement inconscient. Chacun dans notre ailleurs nous évoluons. J'ai cru qu'ici peut être une réponse m'apparaitrait. Ce n'est pas tant qu'elle m'obsèdent ces foutues réponses. Car au fond j'crois que je suis aussi bien avec mes grandes questions tordues. J'suis qu'une paumée, une égarée du petit matin. J'suis de celles qui ne dorment pas la nuit, regardent les étoiles au travers d'un volet tiré, parce que je sais qu'elles sont là. J'suis de celles qui s'immaginent tout un monde... J'suis rien d'plus que celle qui écoute hurler sa foule intérieure. Oui. Tout un monde. Ma jeunesse est là, mon ailleurs, mes lendemains. J'ai tenté d'vous l'écrire tout cela. Ma plage, les nuits de stupre, ce café perdu. J'vous ai même écrit, à mots voilés c'est vrai, mes jours passés mais qui collent au coeur, à la peau. Ces jours d'octobre, au blues indélébile, à la mélancolie des doux moments. J'ai voulu m'offrir sans penser au vide que ça laisse. Mais peu importe, c'est un éxutoire et mon humanité c'est ça. Mes souffrances, mes joies, mes peines, mes amours et désamours. J'vous l'ai offert. Désormais il me faut du temps. Pour comprendre. Comprendre encore. L'ignorance m'angoisse, cette sensation de vide qui me prend au ventre, ce temps dont je ne ressens que l'absence, dont je n'appercoit que les jours mornes et gris. Plus que ça il me faut trouver la faille, le manque, ce qui me permettrait d'obtenir un tout. Je ne possède que les fragements. Ca a été merveilleux: ces rencontres, vos mots. Mais il me manque quelquue chose. Et plus les jours passent, plus j'ai l'intime conviction que je ne le trouverais certainement pas ici. La vie du dehors m'apelle. Je ne sais plus su que fuir en celle du dedans depuis ces derniers mois. C'est un leurre, ce monde ci encore plus. S'envoyer nos peines et nos détresses, nos histoitres avortées et fantasmes, non il n'y a rien a prendre. Juste de quoi se retrouver, sourire en se croyant moins seul. Mais on l'est plus que jamais, seul, chacun derières nos écrans, à ressentir ce vide de ses personnes dont on ne connait même pas le rire, les silences, les getses et l'odeur. Je ne veux plus de tout cela. Partager avec vou me manquera, je roderais encore un brin en ce monde ci. Mais j'espère trouver des maisn bel et bien de chaire et sang se tendre, j'espère me heurter vraiment aux corps et aux coeur. Je ne veux plus de cette barrière de virtuel. J'ai cru être libre, je me suis menti une fois de plus.
Je me retire, me garde pour certains, entrés de bien de top en moi pour les en laisser sortir. Alizé, Matthias. Que j'espère ancrer encore un peu plus dans ma réalité. Camille, Caroline et Elsa. Que je garde dans ma tête, Pour les mots qu'elles son su me donner, pour ceux que j'espère un jour réussir a leur formuler. Et Damien qui a sa façon s'est révélé si proche en si peu de temps. Moi qui pensais partir sans bagages et attaches. Il n'est pas si facile d'écrire la dernière ligne, tirer un trait, fermer le livre et partir sans se retourner...
Bien à vous tous, à vos mots qui allaient si bien avec mes maux. Bien a vous, à vos espoirs et vos lendemains.


A bientôt et vive la révolution, comme dirait l'autre.
Bien a vous, Marmaille.



Le 28.12.06


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# Posté le dimanche 24 décembre 2006 07:04

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 04:25

[ 115 ] Alice in Chains.

[ 115 ] Alice in Chains.
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La foule serait énorme. Oh oui. Il faut qu'elle le soit! Que je me sente vivre au travers d'elle, qu'un instant je lie mon destin à tous les leur, qu'on m'oublie, jusqu'à l'inexistence. Que je m'oublie. N'être rien. Plus rien. Ne plus être ce froid, ce vide intérieur, ces larmes futiles, cette peine, cette solitude, cet abadon, cette envie de courir et de fuir, cette musique dans ma tête, ces yeux qui cherchent et ne trouvent, ce cri qu'on ravale. Ne plus être celle qui bouffe les pavés... La plage est loin. Le train est loin. Ces années fortes aussi. On aurait pas doublé une caravane jaune? Je ne suis que le désir. Le désir universel d'une jeunesse dépravée en quête d'Idéal. Je ne suis que cet Idéal, qui a pris naissance et qui vit en dedans moi. Oh oui. Il faut que je sois cela! Il le faut, il le faut. Je le faut. Faux. L'universel jeu du je. A se perdre et ne jamais se connaitre parmi la foule des étrangers d'eux même. Et ça serait la fin. Fin du film. Film noir. Noir de monde la place. Place de la vieille ville. La ville, plus qu'une image. Arrêt sur image, qui devient floue. Floue pour n'être plus que souvenir. Saoul à venir. Les rues stuprées où se perdent mes pas en cette nuit de macadam heureux. Etre cela. Les verres qui s'entrechoquent, le type qui noit sa vérité perdue au bar, la fumée de vos joints et cigarettes, la musique, vos corps ennivrés qui se frôlent et se désirent, vos éclats de voix. Je serais cela. Ces soirs de débauches. Oh oui! Je serais ces heures d'oubli, l'ivresse et la détresse, vos corps qui se baisent mal dans l'urgence de se sentir exister. Je serais cela. Votre déchéance. "L'humanité souffre et je souffre avec elle." Et je suis cela. Le désespoir anodin et les amours trépassés. Les sombres romances et ces vieilles rengaines oubliées. J'suis pas là pour les souvenirs d'après minuit. Entre ces jeunes usés et les vieux qui espèrent, je suis. Entre ces inconnus qu'on couche dans son lit en appelant cela amour, je suis. La folie. Cette saloperie d'inexistence lassive, l'abondon des corps, les esprits refoulés. Et ces coeurs que vous ne sentez même plus battre... Il est un temps où je me voulue révolte, mêlant ma voix à cette masse hurlante, levant mon poing rageur parmi cette marée humaine. Mais il y a longtemps que les pavés ont été arrachés. Longtemps qu'on l'a oubliée cette histoire de plage... Déguisée en pas moi, j'erre. C'est dans l'ère du temps... Dans ma bouche, l'âpre goût des souvenirs honteux. Des heures d'ennuis, aux corps abandonnés, à demi-nus. On a même oublié d'se promettre jusqu'à demain. Au fond, j'le savais bien que ce ne serait que des jours à trainer mon ennui. J'voudrais vous offrir mon vide, ma terreur et cette tristesse abyssale qui parfois me noie. Mes nuits d'angoisses, à l'insomnie suitante d'idées floues, quand je voudrais la pluie jusque dans mon lit...J'aurais voulu. Mais on se poursuit, on ne se trouve jamais vraiment. Alors je pousse ma porte de verre. Toujours. Où vont-ils? Où vont-ils tous? C'est quelque chose de terrible vous savez. De lancinant et de douloureux. On est loin jusque de soi même alors qu'on se croit tout l'un contre l'autre. Je n'ai jamais été que cela. Ce vide que l'on voudrait amour. Qui n'est que désamour... Je ne serais que cela. A vous voir vous déchirer l'espérance pauvres fous! "Il y a des ciels comme ça, comme cette musique, qui donnent envie de mourir et vous remplissent de ce plaisir désespéré que laisse toute chose accomplie." La nuit avance. Le bleu d'encre se mouchte de ces cailloux immenses et désolés. Les contemple moi aussi, ces poussières de rien que vous nommez étoiles. Mais y'a bien longtemps qu'elle à fâné la rose du Petit Prince. Bien longtemps qu'elle a pété sa planète perdue dans cet univers trop vaste, trop incertain. Longtemps, depuis que plus personne n'croit plus vraiment en rien. Mais la mer. J'ai la mer qui se répend en moi. La foule. Un mouvement de foule pour vous prendre la main. Mais sous les masques? Acteurs, acteurs... "Nous ne sommes que de pauvres acteurs". On se perd à trop se chercher. Tous ces rôles essayés à la hâte! Mais qui sommes nous, qui sommes nous vraiment? Nul ne le sait. J'aurais bien voulu vous murmurer cela dans votre sommeil. Puis aurais regardé la ville endormie. J'aurais fuis. Je ne suis que cela: la fuite, en quête de ce jour des espérés. Quand le blues se fait indélébile. Qu'on braderait son coeur un peu trop déglingué. La terre y tourne a l'envers. Allant vers...


Le 07.12.06
Photo de Klavdij Sluban.


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# Posté le vendredi 08 décembre 2006 12:34

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 06:39

[ 112 ] Lily de U Turn. (merci mademoiselle de playground!)

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Marcher. Un beau matin et l'âme en peine, au hasard. Marcher les rues désertes, l'aube belle et claire, la fumée que l'on souffle. Marcher un matin de Novembre. Quelque chose qui s'était imposé: cela, marcher. Ca ne s'explique pas, on le ressens et comment y mettre les mots? C'est fou. Fou et insensé. C'est quelque chose qui s'impose. Juste une idée, puis l'envie qui monte, qui grandit, qui crit, cela devient besoin, évidence. Alors comme tout les matins la porte de la maison a été tirée, fermée a clé. Comme tous les matins les talons on été tournés. Mais vers la gare. Parce qu'on pourrait bien prendre un train d'ici jusqu'à là-bas...
Le ciel était rose, orange, jaune. C'était un ciel d'amour et je marchais seul. J'avais le coeur naissant, ce coeur des jours où l'on se sait mélancolique mais où l'on se sent bien, bien comme jamais: vivant. Ecorché de tant de vie et de ce temps, qui passe, s'enfuit, trépasse. Oui, le ciel était comme ça et même si l'air était glacé on aurait cru l'été. L'été au parfum d'insouciance, l'été de la jeunesse, des journées à la plage et des aventures de gosses. Ces gamins hurlants, aux joues bien rebondies, les yeux scintillants de malice. Voyez les! Avec du sable plein leur petit corps, avec les cheveux en bataille du vent qui souffle. Espérons qu'il ne s'arrête jamais ce vent espoir, celui qui parfois encore me ramène a ces jours passés, ses jours perdus, ce vent qui porte encore l'odeur des gateaux de ma grand mère et des jours de fêtes. C'était un ciel comme celui que je vous raconte, un vent comme je vous le dit ce matin là. Et c'était plus que ça, c'était les heures fraiches d'un jour orphelin où les pas allaient et menaient sans que nul ne sache où. Les yeux regardaient le soleil se lever et c'était tout ce qui importait en cet instant: le jour qui vient, la vie qui est, pouvoir admirer tout cela, seul au monde semblait-il, seul mais ressentant l'humanité toute entière. L'humanité toute entière au creux du corps, comme une fête, une guerre, un grand amour, perdu ou non, une mort prochaine et inéluctable...
Traverser la campagne aimée, arpenter les chemins sinueux et désolés, où seuls quelques arbres dénudés brisent la ligne d'horizon plat, à la merci du vent du nord. Bientôt aparaitront les premières maisons de la ville. La petite ville qu'il faudra traverser, foulant les pavés de ces rues encore désertes, peut être croiser un marché s'installant, peut-être, car on a depuis longtemps perdu la notion du temps, des jours qui passent, se resemblant tous... Dans la grande rue sentir l'odeur du pain chaud s'échappant des boulangeries, du café des maisons, regarder les volets s'ouvrir. Et toujours marcher alors que le monde s'éveille.
Gagner la sortie de la ville. Continuer, sur la route droite, longue et monotone. A portée de regard: la gare.


Le 19.11.06


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# Posté le dimanche 19 novembre 2006 08:55

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 06:40

[ 111 ] Nancy Sinatra.

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" Nous sommes les enfants oubliés de l'histoire, on n'a pas de but ni de vraie place, nous n'avons pas eu de grande guerre ni de grande crise. Notre guerre est spirituelle. La grande crise c'est nos existences, notre grande dépression c'est nos vies"
Fight Club.


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# Posté le dimanche 12 novembre 2006 05:08

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 06:41

[ 110 ] Tom Waits.

[ 110 ] Tom Waits.
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A Shatzy Shell.


Je vais t'avouer que ce café aussi je le cherche par chez moi. Introuvable. Juste un autre fantasme? Au fond je le sais qu'il est vrai. Dans mon coeur. Mon coeur froid par moment mais mon coeur qui aime, qui créé, celui ou je vis mes chimères dans la plus grande hamornie.

Tu sais ces derniers soirs, je m'y retourne souvent dans cet ailleurs intérieur. J'allume encens et bougies, chavire sous la voix suave et torturée de Tom Waits et je pense à mes gens de coeur. Tu en fais partie bien sur. Sans toi comment être Shatzy Shell? Tout ça n'aurait pas de sens...

Ces soirs là, j'arpente ces rues stuprées, éclairées par la lune opulente et un vieux lampadaire (même que j'en aurait des histoires sur ce vieux lampadaire!!).
Ces soirs là, je souris vraiment dans ces rues. Ces rues aux hommes échoués dans le caniveau, d'avoir trop cherché leur vérité perdue au fond d'un verre. Ces hommes qui ne détestent rien autant que l'amour, faute de l'avoir entre leurs bras. J'leur offre mes dents les plus blanches même. Parce que c'est jamais bien difficile de sourire aux égarés. On se connait à force.
Et puis tournant la tête y'aurait ce gars et cette fille. Enlacés bien sûr, les lèvres et les doigts mêlés. Ils seraient beaux tu sais.
Et au bout de mes rues, ce café. Un peu vieux, qui ne payerait pas de mine mais Le café enfin trouvé. A l'intérieur des boiseries, un patron vieux comme le monde qui nous raconterait ses histoires. Et des musiciens souvent, ses artistes de passages et des étrangers du coin. Un piano tout au fond, dans ce coin sombre et Novecento fantôme, celui raconté par Baricco. Novecento qui nous jouerait ses notes différentes des autres. Et d'un coup ça serait la mer sous c'maudit café! La mer à perte de vue, à s'y perde, s'y pendre et prendre, s'y noyer même!

Tu sais ces soirs là j'y crois vraiment à tout ça. Je pense à toi et je te raconte ma vie fantasme. Le train. La plage. Les pavés arrachés. Et cet amour qui ne serait pas sans retour...
Ces soirs là je vis autrement. A ma façon?

Et ces soirs là quand j'me ballade dans mon coeur je pense fort à toi. Toi qui y est rentrée bien vite. Toi l'actrice ratée, celle qui ne trouve pas les mots, sans grâce particulière, mais toi. Celle qui pour moi a tout cela depuis les premiers mots. Tout ça et bien plus encore...
Je pourrais te raconter. Les bulles et les vagues dessinées sur mes feuilles de cours, dans ces moments où l'esprit vagabonde. Les bulles pour toi bien sûr. Bleues parfois, comme faites par tes chewing gums... Bleues comme les cheveux de Lolita qui traine jamais bien loin...
Tu sais tes lettres je les attends c'est vrai. Mais au fond je leur laisse le temps. Car même au delà des mots parfois j'me sens avec toi. C'est quelque chose qui ne s'explique pas vraiment. Quelque chose dans l'âme et le coeur. Même ces soirs où le mien est froid...


Le 07.11.06


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# Posté le mardi 07 novembre 2006 13:04

Modifié le vendredi 18 janvier 2008 06:44